Pierre NAUTET

PILOTE ET HÉROS BÉARNAIS DE LA GRANDE GUERRE

Pierre Nautet 

 

 

     Note aux lectrices, lecteurs, 

 

     A l'occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale, le C.H.AR. (Cercle Historique de l'Arribère) organise une grande collecte et tente de regrouper un maximum d'informations sur ce conflit et sur la manière dont la région de Navarrenx a vécu ce moment là. Il m'a été demandé de travailler sur un pilote local, méconnu par les désintéressés. Ainsi, je vous propose de parler de Pierre Nautet, homme de guerre, homme de ma famille. Pour réaliser ce projet, je me suis renseigné au près de quelques sites internet spécialisés, d'ouvrages généraux sur la Grande Guerre, et exécuter un véritable travail d'archiviste avec mon père.

     Étant à ce moment là en première année d'Histoire, je dois avouer que mes études ont parfois pris le dessus sur ce projet. Toute fois, j'espère que cet ouvrage pourra faire partie – à sa façon – de la commémoration du Centenaire.

     Désormais, il vous suffit de lire la suite. En espérant que vous apprécierez mes travaux, cela serait le plus bel hommage que je puisse lui rendre.

     Vous pouvez aussi visionner la vidéo réalisée pour l'exposition du Centenaire de la Grande Guerre s'étant déroulée à Navarrenx en 2014: Vidéo Pierre Nautet.

     Bonne lecture, Pierre.

  

     L'aviation et la Première Guerre mondiale

  

     La Grande Guerre étant sur le point de commencer, les tensions naissantes entre les différentes nations européennes incitent ces dernières à trouver de nouvelles méthodes de défense. L'aviation fait partie de ces nouvelles méthodes. Ainsi, d'Octobre à Novembre 1911 a lieu à Reims un concours d'aéroplane militaires.

     Une fois le conflit démarré, les avions et les pilotes sont réquisitionnés ! Ils sont d'abord utilisés pour des missions de reconnaissance, mais deviennent vite la cible des armées au sol. Ainsi l'aviation se spécialise, et créé une aviation militaire de reconnaissance, de chasse et de bombardement. Cette armée de l'air est divisée en plusieurs strates, dont les escadrilles. Chaque escadrille est nommée par une lettre et un chiffre. Le chiffre étant tout simplement son numéro, la lettre correspond aux avions à disposition de l'escadrille lors de sa création. Les lettres et leurs significations sont présentées dans les annexes.

     A la fin de la Grande Guerre, 4 500 avions français, 3 500 avions britanniques et 2 500 avions allemands sont produits. Comme beaucoup de technologies – à ce à triste titre – l'aviation a profité d'une guerre pour se voir évoluer. On peut même penser que l'aviation a joué un rôle majeur durant ce conflit.

  

     Les débuts militaires de Pierre Nautet : un avion à Navarrenx !

 

     Pierre Nautet, de son nom complet Pierre Jules Nautet, est né le 12 ou 13 Avril 1887 à Navarrenx, dans notre département alors appelé Basses-Pyrénées. La date diffère selon les sources (sur ses papiers militaires, il est indiqué que Pierre Nautet est né le 12 Avril 1887. Or, sur les tables décennales des registres paroissiaux et d'état civil, il est inscrit que Pierre Jules Nautet est né le 13 Avril 1887). Il est le fils d'Auguste Nautet et de Françoise Sallabert, et est l'époux de Jeanne Ancillotti, fille du directeur du Cirque d'Hiver Ancillotti. A son départ pour le service militaire, Pierre Nautet est apprenti serrurier.

     Pierre Nautet en tant qu'homme militaire voit justement le jour en 1907, lors de son service militaire. A cette époque là, les jeunes hommes effectuent leur service militaire à l'âge de 20 ans. On associe alors un individu à son année d'arrivée. Ainsi, Pierre Nautet est donc de la classe 1907. Il est affecté au 14e régiment d'artillerie à cheval de Tarbes le 06 Octobre 1908. Régiment commandé par l'illustre Général Foch. Tout juste un an après cette incorporation, il est nommé canonnier de 2ème classe, puis brigadier et maréchal des logis en 1909. En 1910, il se rengage pour un an dans l'armée. Pierre Nautet se rengage aussi en 1911 puis en 1912. Il est ainsi nommé maréchal des logis mécaniciens. En 1913, il se rengage pour trois ans, et passe au premier groupe d'aviation. C'est au sein de cette même unité qu'il est mobilisé le 02 Août 1914, pour la Première Guerre mondiale. A ce moment là, il est affecté au 14e régiment d'artillerie à cheval, et fait sa demande pour être pilote à l'escadrille BL 18. Sa demande acceptée, il est affecté à l'escadrille BL 18 dès le second trimestre de l'an 1914. Il est à savoir qu'avant le début du conflit, Pierre Nautet obtient le 05 Décembre 1913 son brevet de pilote-aviateur de la F.A.I., le numéro 1558 (la Fédération Aéronautique Internationale). Toujours avant le début du conflit, il obtient son brevet de pilote militaire le 16 Février 1914, le numéro 421.

     Le 13 Mars 1914, Pierre Nautet s'est illustré au près de ses proches habitant à Navarrenx. En effet, il a atterrit dans notre petite cité béarnaise, au terrain Darralde, avec son avion, un Blériot. Sur les lieux, une foule considérable est présente, toutes les écoles du canton, les autorités locales, dont de nombreux officiels. Antoine Goggia notamment, Préfet des Basses-Pyrénées cette année-là (il l'a été de 1909 à 1917). Tout le canton s'est déplacé au terrain Darralde pour voir le premier avion de près. Pierre Nautet a été reçu et honoré par la population navarraise. Accompagné de toute la population Navarraise et du canton, le pilote auréolé de ses exploits de la Grande Guerre, le Préfet et les autorités locales sont allé manger à l'Hôtel de France, un hôtel très réputé de la rue Saint-Germain à Navarrenx. Le début du XXe siècle voyait les Basses-Pyrénées être gâtées par l'aviation. Rappelons que les frères Wright se sont posés à Pau quelques années auparavant. La question de la date à laquelle Pierre Nautet s'est posé à Navarrenx a été la source d'une petite discussion lors de la rédaction de ce travail. Mais un journal d'époque affirme qu'il s'est posé un Vendredi 13 Mars. Durant la décennie 1910, seul un 13 Mars a été un Vendredi, ce fut en 1914. Il est donc aisé de conclure que Pierre Nautet s'est posé à Navarrenx le Vendredi 13 Mars 1914.

  

     Pierre Nautet entre Février 1915 et Juin 1916 : de l’adjudant au Langer Max.

  

     

     Au début du conflit, Pierre Nautet fait partie de l'escadrille BL 18 du second trimestre 1914 au 27 Août de la même année. La BL 18 est une escadrille créée en 1913, et s'est déjà illustrée avant la Première Guerre mondiale en réalisant un vol de groupe comprenant six équipages. A sa création, elle est alors nommée BL 18, puis C 18 le 18 février 1915. Cette escadrille est mobilisée dans les hostilités dès le mois d'Août 1914, et est affectée à la 1ere Armée du Général du Bail. Elle est stationnée à Épinal dans les Vosges et participe aux premiers combats. L'insigne de cette escadrille est un homme tentant de récupérer son chapeau, soufflé par le vent. Le tout sur un fanion bleu pâle. Cette escadrille, est présente pour repérer les lignes ennemies. Basé à Epinal, Nautet est à un endroit du front où ses alliés font reculer les Allemands. La 1ere Armée de Dubail et la 2e Armée de Castelnau sont respectivement confrontées à la 7e Armée de Heeringen et à la 6e Armée de Rupprecht (ce dernier étant le fils du Kaiser, chef d'état allemand). Lors de ce bref passage à la BL 18, Pierre Nautet a pu se déplacer pour faire des reconnaissances sur le champs de bataille à Jussey (le 08 Août, pour une possible offensive), à Épinal (le lendemain), à Rambervillers (plus précisément à la ferme de Medental, le 15 Août, toujours pour une possible offensive) et est de retour à Épinal le 23 Août.

     Durant ce laps de temps, huit Blériot XI-2 dits « Garros » sont en possession de l'escadrille. Pierre Nautet a connu à la BL 18 deux commandants d'escadrille : le Commandant Georges Bellenger jusqu'au 02 Août 1914, puis le Commandant Max Boucher.

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     Le 02 Février 1915, Pierre Nautet est affecté ailleurs, et devient donc pilote pour l'escadrille C 28. Créée en 1914 sous le nom de HF 28, elle est nommée C 28 en Janvier 1915. Cette dernière est une escadrille de reconnaissance dont le but est de photographier les champs de bataille, le tout en prenant de très gros risques du fait de la lenteur des appareils face à la chasse allemande. Les hommes partant en reconnaissance sont de façon générale accompagnés par la chasse française et ses as pour se protéger des balles ennemies. Partir en mission des heures durant avec un biplan des plus rudimentaires, et avoir pour seule protection un avion allié au dessus de soi, certains emploient aujourd'hui les termes de « kamikazes » ou de suicides organisés. Lors de l'arrivée de Pierre Nautet dans cette escadrille, la C 28 a connu un important remaniement qui a fait d'elle une escadrille moderne. Les hommes, envoyés à Saint-Cyr et désormais formés à de nouvelles technologies, sont déployés dans le département de la Somme, à Vauchelles-lès-Authie, le 07 Février 1915, durant la Bataille de la Somme. De ces nouvelles technologies, citons la radio sans fil, la mitrailleuse ou bien les nouveau appareils photos. Le 16 Juillet 1919, l'escadrille est dissoute. Elle a pour insigne un éléphant, dessiné par par Louis Asnard (engagé au combat) pour la marque Le Nil, marque de papier à cigarettes. On pouvait parfois y apercevoir une variante, l'éléphant au trot.

     Missions après missions, Pierre Nautet traverse la Picardie et la région de l'Artois. Entre le 12 Mars et le 1er Octobre, il se trouve dans une région ravagée par les combats et les duels aériens. Il est sur place donc pour les batailles de Picardie et de l'Artois. Pierre Nautet observe l'avancée des troupes franco-britaniques.

     Durant ces neuf mois à la C 28, six avions sont à la disposition de l'escadrille : quatre Henri Farman HF 20, un Henri Farman HF 22 et un Breguet 13 AG4.

   A la C 28, Pierre Nautet est sous le commandement du Commandant André Vomerange. L'escadrille C 28 a été rattaché à la 2e Armée jusqu'au 27 Juillet 1915, puis à la 10e Armée, dépendant donc des généraux de Castelnau, Pétain et d'Urbal.

     Alors qu'il fait partie de l'escadrille C 28, Pierre Nautet est nommé adjudant le 20 Mars 1915. Cette année là, il est détaché à deux reprises de la RGA (Régiment du Génie de l'Air) : une première fois du 29 Avril au 02 Mai 1915, et une seconde fois du 26 Octobre 1915 au 18 Janvier 1916. A cette dernière date, il est évacué à l'hôpital complémentaire de Rennes. 

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     Le 18 Janvier 1916, Pierre Nautet est affecté à l'escadrille C 34. Créée le 06 Février 1915 à Belfort, cette escadrille ne possède que des Caudron GIII. Dissoute le 16 Avril 1919, cette escadrille a pour insignes un disque blanc barré d'une bande rouge et un renard blanc.

     Avec la C 34, Pierre Nautet a été à Fontaine jusqu'au 28 Mars, puis à Romagny-sous-Rougemont, dans le région de Belfort, non loin de la frontière, qui est elle même à quelques kilomètres du front de combat.

     Durant ces cinq mois là (Pierre Nautet étant affecté dans une autre escadrille le 18 Juin suivant), la C 24 a eu huit Caudron GIII et deux Caudron GIV jusqu'au 29 Février, puis a été en possession de trois Caudron GIII et de quatre Caudron GIV.

     A la C 34, Pierre Nautet a été sous le commandement du Commandant Henri Plantey, rattaché à la 7e Armée dirigée par le Général Étienne de Villaret.

     Lors de son passage à l'escadrille C 34, Pierre Nautet s'est illustré par un fait d'arme d'importance. En effet, le 11 Février 1916, il fait partie de l'équipage (de nuit) qui trouve l'emplacement du Langer Max (« Max-le-Long »). Le Langer Max était un canon de 380 millimètres basé dans la région de Belfort, dans les bois de Zillisheim. A partir du 08 Février 1916, ce canon bombardait la ville de Belfort. Entre le 08 Février et le 05 Octobre, il a tiré 41 obus sur la ville. Le Langer Max, doté d'un canon de 17 mètres de longueur et lourd de 77,6 tonnes, impose sa terreur à la population belfortoise. Les tirs peu précis tuent quatre personnes en Octobre 1916. L'équipage qui a trouvé l'emplacement de cette pièce (alors déplacée) a réalisé quelques photographies de celle-ci. A cette opération, ont participé six hommes : le Lieutenant Chamouton (observateur), l’Adjudant Nautet (pilote), le Sous-Lieutenant de Morcourt (observateur), l’Adjudant Servies (pilote), le Caporal Givon (pilote) et le Brigadier Delon (mitrailleur). Ce dernier a été prêté à la C 34 par la C 61. Nous ne savons pas ce qui est advenu à cette pièce. Cependant, les huit 38-cm-Geschütz (ou 38 cm SK L/45 C/13 selon la terminologie, cette dernière étant la terminologie allemande) ont été détruits à l'issu de la Première Guerre mondiale par les Allemands, pour ne pas tomber en mains ennemies. Il nous est donc facile de comprendre qu'il ne reste aucun canon de ce type... du moins, aucun original.

 

     Pierre Nautet de l'été 1916 à la fin de la Grande Guerre : le vainqueur des « kanons » et l'épisode de la Grosse Bertha. 

 

     

     A compter du 18 Juin 1916, Pierre Nautet est à un GDE (Groupement des Divisions d'Entraînement). Il est détaché à la MF 16 peu de temps après (du 07 au 11 Août). Le Navarrais devient pilote de la la RGA le 11 Août, et ce pour trois jour. Durant cet été 1916, il a participé à deux convoyages, tous deux d'un Caudron RIV : le premier convoyage date du 28 au 31 Juillet, et le second date du 13 au 20 Août.

     Le 24 Août 1916, Pierre Nautet est affecté à l'escadrille MF 52. Créée le 17 Avril 1915 sous le nom de MF 52, elle change de nom et devient à la fin de l'année 1917 l'escadrille AR 52. Les insignes de cette dernière sont un croissant de Lune et une étoile à six branches, tous deux blancs en ayant pour fond un fanion triangulaire vert.

     Durant ce passage dans l'escadrille, il reste stationné à Villers-Bretonneux. Alors à proximité du front depuis le 27 Juillet précédent, la MF 52 (après le départ de Pierre Nautet) le quitte pour se déployer sur la côte le 30 Décembre au Crotoy. Il est à savoir que le front de guerre au croisement de la Somme a nettement reculé côté allemand en deux ans.

     A la MF 52, Pierre Nautet a connu dix avions : neuf MF II et un MF II bis.

     Durant son passage dans l'escadrille, il a été sous le commandement du Commandant Paul Génain, rattaché à la 10e Armée dirigée par le Général Joseph Alfred Micheler.

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     Le 25 Décembre 1916, Pierre Nautet est affecté à l'escadrille R 213, et quitte donc la MF 52. La R 213 est une escadrille créée en Décembre 1916, et dissoute le 08 Juillet 1919. C'est avec cette escadrille que Pierre Nautet passe la plus longue partie du conflit, l'escadrille du « goéland volant », telle est son insigne. D'ailleurs, c'est avec elle qu'il en verra le dénouement, et la déroute que les Français et ses alliés infligent aux Allemands. Avec la R 213, il a pu être déployé à Gournay-sous-Aronde (le 15 Mars 1917), à La Chepe (le 1er Avril), à Noyers-Bellefontaine (le 08 Juillet), à Vadelaincourt (le 21 Juillet), à Vez (le 07 Septembre), au Plessis-Belleville (le 16 Septembre), à Saconin Breuil (à la ferme Saint Armand, le 23 Septembre), à La Cense (le 09 Novembre), à Esmery Hallon (à la ferme de Bonneuil, le 07 Décembre), à Saconin Breuil (à la ferme Saint Armand, le 09 Janvier 1918), à May-en-Multieu (le 28 Mars), à Bouy (le 31 Mai), à Matouges (le 03 Juin), à Courcelles-sur-Aire (le 08 Septembre), à Melette (le 21 Septembre), à Soudé-Sainte-Croix (le 31 Octobre), à Linthelles (en Novembre) et à Pars-lès-Rouilly (en Novembre).

     Au cours de son affectation à la R 213, Pierre Nautet a vu défiler de nombreux avions. A son arrivée, dix Caudron RIV sont en place. En Mars 1917, un Sopwith 1A2 s'ajoute aux dix appareils précédemment cités. Au mois d'Octobre suivant, l'escadrille est en possession de dix Breguet XIV A2 et de cinq Letord, aux quels s'ajoutent cinq Caudron RIX en 1918.

     En un peu plus de deux ans à la R 213, Pierre Nautet a été sous le commandement du Lieutenant Jules Campion (en place depuis le 14 janvier 1916), du Commandant Victor Guichard (le 03 Mars 1917), du Commandant Emile Pierrot (le 18 Mars 1918), et du Lieutenant Henri Larrue (le 25 Janvier 1919). Durant ce laps de temps, plus long que ceux précédemment évoqués, l'escadrille a été successivement rattachée à la 4e, 1ere, 6e, 2e et 5e Armée, ces dernières entre autres dirigées par les généraux Fayolle (jusqu'au 09 Janvier 1918) et Hirschauer (en Septembre de la même année).

     Avec la R 213, Pierre Nautet est nommé Sous-Lieutenant à titre temporaire le 17 Mars 1918, puis à titre définitif le 1er Juin suivant. Toujours dans les brillants faits d'arme, Pierre a participé à un moment fort de l'escadrille. En effet, le 04 Octobre 1918, le pilote Pierre Nautet et l'observateur Pierre Massimi ont signé une victoire non-homologuée contre un avion allemand aux environs de Cerbon.

     Mais bien évidemment, le plus grand fait d'arme de Pierre Nautet a été de découvrir l'emplacement exact de la Grosse Bertha au début de l'année 1918. Comme le Langer Max, la Grosse Bertha était un canon de 380 millimètres. Mais ce dernier tirait sur Paris, aux alentours de Mont de Joie. Pour cela, cet acte d'ampleur et d'importance, Pierre Nautet a reçu le 09 Octobre 1918 une médaille d'argent remise par la Ville de Paris en reconnaissance. Trouver ce gros Kanon n'a pas été démérité. En effet, Nautet et tous les autres pilotes de l'époque devaient rester dans des appareils peu confortables durant des heures entières, comme le confirme cet article rédigé par Charles Le Boucq (**), datant du 14 Mai 1918 : « De 8 heures du matin à 7 heures du soir, nos avions, sans arrêt, au mépris des avions et des canons ennemis, survolèrent l'objectif. Dès le milieu de la journée, en notre présence, un premier coup fut observé au but ; durant tout l'après-midi, notre observation permanente maintient le point moyen de tir sur l'objectif ; d'autres coups au but furent encore enregistrés. »

     Avant la fin de son affectation à la R 213, Pierre a été en subsistance à l'escadrille R 207, et après celle-ci, il quitte la R 213 et est affecté au Parc 117 dès le 02 Février 1919.

  

     Pierre Nautet après la Première Guerre mondiale

  

     A la fin de la Grande Guerre, la France se retrouve impliquée dans la guerre russo-polonaise de 1920. Dès 1919, elle envoie des conseillers militaires, mais c'est en 1921 qu'elle envoie des soldats, le tout dans un cadre d'alliance avec la Pologne. Pierre Nautet été en Pologne dès le 18 Avril 1919. Il est nommé Lieutenant à titre temporaire le 25 Mai de cette année-là, puis à titre définitif le 05 Octobre suivant. Le 08 Novembre, Pierre Nautet est revenu de Pologne, où il lui a été attribué la médaille du Mérite Polonais.

     Au fil des années, Pierre Nautet continue de monter en grade et récolte encore des honneurs. En 1928, il est nommé Capitaine, puis Commandant en 1936. Sur ordonnance, il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur en 1922, Officier de la Légion d'Honneur en 1936.

     En 1939, Pierre Nautet est rappelé à Reims au Quartier Général de l'Aviation alors qu'il est responsable du matériel du Génie à Pau. A sa retraite, il décide de résider en région parisienne, à Versailles, où il a nouer de nombreux liens d'amitiés au fur et à mesure des années. Frappé par la maladie, il rentre au « pays », le sien, son Béarn natal, où il compte de nombreuses connaissances et tellement de souvenirs. C'est à ses 70 printemps, à l'aube de son 71e, que Pierre Nautet quitte ce monde. Ses obsèques ont eu lieu le 06 Avril 1958 à l’église Saint-Germain de Navarrenx, en présence de nombreux officiers à la retraite.

     Pierre Nautet a reçu de nombreux titres de reconnaissance, en l'honneur de ses actions pour la Nation. Ainsi, il est cité plusieurs fois à l'Ordre de l'Armée et a donc reçu la Médaille Militaire (que l'on reçoit après cinq citations à l'Ordre de l'Armée), la Médaille d'Argent de la Ville de Paris frappée de son nom, la Croix de Guerre, la Croix du Mérite Polonais et la Légion d'Honneur.

  

 

 

Informations annexes

 

 

  

Escadrilles où Pierre Nautet a été de passage

 

- Escadrille BL 18 : du second trimestre 1914 au 27 Août de la même année.

- Escadrille C 28 : du 02 Février au 26 Octobre 1915.

- Escadrille C 24 : du 18 Janvier au 18 Juin 1916.

- Escadrille MF 52 : du 24 Août au 25 Décembre 1916.

- Escadrille R 213 : du 25 Décembre 1916 au 02 Février 1919.

 

♦ Lettre précédant les numéros d'escadrilles

 

AR : Avions Renault

BR : Breguet

C : Caudron

CAP : Caproni

CEP : Caproni construit par Esnault-Pelleterie

F : Farman

HD : Hanriot

HF : Henry Farman

LET : Letord

MF : Maurice Farman

N : Nieuport

R : Rep

R XI : Caudron R XI

SAL : Salmson

SPA : SPAD

SOP : Sopwith

V : Voisin

  

Déplacements de Pierre Nautet avec ses différentes escadrilles

 

Pierre Nautet avec la BL 34 :

 - Épinal le 2 Août 1914

- Jussey le 8 Août 1914

- Épinal le 9 Août 1914

- Rambervillers – ferme de Metendal le 15 Août 1914

- Épinal le 23 Août 1914

 

Pierre Nautet avec la C 28 :

 - Vauchelles-lès-Authie le 7 Février 1915

- Marieux-Montplaisir le 12 Mars 1915

- Mondicourt le 9 Juillet 1915

- Pas-en-Artois le 25 Août 1915

- Eclineux le 5 Septembre 1915

- Esquennay le 17 Septembre 1915

- Meaux-Bauval le 18 Septembre 1915

- Chouilly le 18 Septembre 1915

- Epernay-Chorilly le 19 Septembre 1915

- Châlons-sur-Marne le 20 Septembre 1915

- Bouy le 24 Septembre 1915

- Cupperly le 27 Septembre 1915

- Suippes le 30 Septembre 1915

- Bussy-le-Château le 1er Octobre 1915

 

Pierre Nautet avec la C 34 :

 - Fontaine le 18 Janvier 1916 (la C34 y étant déjà depuis le 3 Novembre 1915)

- Romagny-sous-Rougemont le 8 Mars 1916

 

Pierre Nautet avec la MF 52 :

 - Villers-Bretonneux le 24 Août (la MF 52 y étant déjà depuis le 27 Juillet 1916)

 

Pierre Nautet avec la R 213 :

 - Gournay-sous-Aronde le 15 Mars 1917

- La Cheppe le 1er Avril 1917

- Noyers-Bellefontaine le 8 Juillet 1917

- Vadelaincourt le 21 Juillet 1917

- Vez le 7 Septembre 1917

- Le Plessis-Belleville le 16 Septembre 1917

- Saconin Breuil – ferme Saint Armand le 23 Septembre 1917

- La Cense le 9 Novembre 1917

- Esmery Hallon – ferme de Bonneuil le 7 Décembre 1917

- Saconin Breuil – ferme Saint Armand le 9 Janvier 1918

- May-en-Multien le 28 Mars 1918

- Bouy le 31 Mai 1918

- Matouges le 3 Juin 1918

- Courcelles-sur-Aire le 8 Septembre 1918

- Melette le 21 Septembre 1918

- Soudé-Sainte-Croix le 31 Octobre 1918

- Linthelles en Novembre 1918 (jour précis inconnu).

- Pars-lès-Rouilly en Novembre 1918 (jour précis inconnu).

 

♦ Avions à disposition de Pierre Nautet

 

A la BL 18 :

 - Huit Blériot XI-2 dits « Garros »

 

A la C 28 :

 - Quatre Henri Farman HF 20

- Un Henri Farman HF 22

- Un Breguet 13 AG4

 

A la C 34 :

 - Huit Caudron GIII

- Deux Caudron GIV

jusqu'au 29 Février 1916

- Trois Caudron GIII

- Quatre Caudron GIV

à compter du 29 Février 1916

 

A la MF 52 :

 - Neuf Maurice Farman MF II

- Un Maurice Farman MF II bis

 

A la R 213 :

 - Dix Caudron R IV

auquel s'ajoute un Sopwith 1A2 en Mars 1917

- Dix Breguet XIV A 2

- Cinq Letord

à compter d'Octobre 1917

auxquels s'ajoutent cinq Caudron R XI en 1918

 

Victoires des escadrilles quand Pierre Nautet était présent

 

A la BL 18 :

 Aucune victoire n'a eu lieu lorsque Pierre Nautet était à l'escadrille BL 18.

 

A la C 28 :

 → le 12 Juin 1915

Pilote : Sergent Jean Chaput

Mitrailleur : inconnu

Fait : Un Fokker E a été abattu aux environs d'Esnes.

 

A la C 34 :

 → le 21 Février 1916

Pilote : Caporal Léon Givon

Mitrailleur : Brigadier Emile Delon (emprunté par la C 61)

Pilote : Caporal Louis Happe (emprunté par la MF 52)

Mitrailleur : Soldat Georges Breton (emprunté par la MF 52)

Fait : un Fokker est abattu aux environs de Tagsdorf. 

→ le 18 Mai 1916

Pilote : Sergent Roger Ronserail

Mitrailleur : Soldat Marius Montels

Fait : un avion abattu au nord-ouest de Mulhlausen.

 

A la MF 52 :

 → le 09 Septembre 1916

Pilote : Adjudant Auguste Galvin

Observateur : inconnu

Fait : victoire non homologuée contre un avion ennemi abattu dans ses lignes.

 → le 10 Novembre 1916

Pilote : Adjudant Jules Covin

Observateur : Sous-lieutenant André Vuillaume

Mitrailleur : Soldat Jules Michel

Fait : à bord d'un Caudron R IV, un avion ennemi a été abattu et tombe en flammes. Le pilote est blessé par balle durant le combat.

 

A la R 213 :

 → le 26 Janvier 1917

Pilote : Lieutenant Robert Lafon

Mitrailleur : Sergent Camille Marault

Mitrailleur : Georges Courtois

Fait : avion abattu aux environs de Trosly-Breuil. 

→ le 26 Janvier 1917

Pilote : Adjudant Jules Covin

Mitrailleur : Adjudant Georges Gimming

Mitrailleur : Soldat Clément Massier

Fait : avion abattu aux environs de Carlepont.

→ le 04 Mai 1917

Pilote : Adjudant André Major

Observateur : Sous-lieutenant André Berthelin

Mitrailleur : Caporal Paul Lafon

Fait : victoire non homologuée à bord d'un Caudron R IV. Les trois hommes sont blessés par balles.

→ le 27 Mai 1917

Pilote : Lieutenant Victor Guichard

Observateur : Lieutenant Emile Pierrot

Mitrailleur : Sergent Henri Briséard

Fait : avion abattu à l'ouest du Mont Haut.

→ le 21 Août 1917

Pilote : Lieutenant Clément Plane

Observateur : Sous-Lieutenant Pierre Boulmier

Mitrailleur : Soldat Julien Ledig

Fait : avion ennemi tombé dans ses lignes. 

→ le 17 Mars 1918

Pilote : Maréchal des logis Michel Lambert

Observateur : Sous-lieutenant Auguste Maguères

Fait : avion ennemi tombé dans ses lignes.

→ le 04 Octobre 1918

Pilote : Sous-lieutenant Pierre Nautet

Observateur : Sous-lieutenant Pierre Massimi

Fait : victoire non homologuée contre un avion allemand aux environs de Cerbon.

 

♦ Commandants d'unité de Pierre Nautet

 

A la BL 18 :

- Commandant Georges Bellenger (en place depuis Août 1913)

- Commandant Max Boucher (à compter du 02 Août 1914)

 

A la C 28 :

- Commandant André Vomerange (en place depuis le 09 Janvier 1915)

 

A la C 34 :

- Commandant Henri Plantey (en place depuis 16 Février 1915)

 

A la MF 52 :

- Commandant Paul Génain (en place depuis le 14 Janvier 1916)

 

A la R 213 :

- Lieutenant Jules Campion (en place depuis le 13 Décembre 1916)

- Commandant Victor Guichard (à compter du 03 Mars 1917)

- Commandant Emile Pierrot (à compter du 18 Mars 1918)

- Lieutenant Henri Larrue (à compter du 25 Janvier 1919) 

 

Rattachements des escadrilles de Pierre Nautet

 

A la BL 18 :

- Escadrille rattachée à la 1ere Armée (depuis le 02 Août 1914)

 

A la C 28 :

- Escadrille rattachée à la 2e Armée, 11e corps d'armée, 56e DI (depuis le 10 Janvier 1915)

- Escadrille rattachée à la 10e Armée (à compter du 27 Juillet 1915)

 

A la C 34 :

- Escadrille rattachée à la 7e Armée (depuis le second trimestre 1915)

 

A la MF 52 :

- Escadrille rattachée à la 10e Armée, 2e corps d'armée colonial (depuis le 05 Août 1916)

 

A la R 213 :

- Escadrille rattachée à la 4e Armée (depuis le 13 Décembre 1916)

- Escadrille rattachée à la 1ere Armée (à compter de Février 1917)

- Escadrille rattachée à la 6e Armée (à compter du 09 Janvier 1918)

- Escadrille rattachée à la 4e Armée (à compter du 31 Mai 1918)

- Escadrille rattachée à la 2e Armée (à compter du 08 Septembre 1918)

- Escadrille rattachée à la 4e Armée (à compter du 21 Septembre 1918)

- Escadrille rattachée à la 4e Armée, au 88e RAL (à compter de Novembre 1918)

- Escadrille rattachée à la 5e Armée (à compter de Novembre 1918)

- Escadrille rattachée à la 1ere Armée (à compter de Janvier 1919)

 

♦ Généraux d'armée de Pierre Nautet

 

A la BL 18 :

- Général Auguste Dubail ; 1ere Armée

 

A la C 28 :

- Général Edouard de Castelnau ; 2e Armée

- Général Philippe Pétain ; 2e Armée (à compter du 21 Juin 1915)

- Général Victor Louis d'Urbal ; 10e Armée (à compter du 27 Juillet 1915)

 

A la C 34 :

- Général Etienne de Villaret ; 7e Armée

 

A la MF 52 :

- Général Joseph Alfred Micheler ; 10e Armée

 

A la R 213 :

- Général Marie Emile Fayolle ; 4e Armée

- Général Marie Emile Fayolle ; 1ere Armée (à compter de Février 1917)

- Général Denis Auguste Duchêne ; 6e Armée (à compter du 09 Janvier 1918)

- Général Henri Joseph Eugène Gouraud ; 4e Armée (à compter 31 Mai 1918)

- Général Auguste Edourad Hirschauer ; 4 Armée (à compter du 21 Septembre 1918)

- Général Adolphe Guillaumat ; 5e Armée (à compter de Novembre 1918)

- Général Marie-Eugène Debeney ; 1ere Armée (à compter de Janvier 1919)

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